Recevoir une facture au nom d’un registre inexistant fait partie des premières surprises rencontrées après l’immatriculation d’une société. De nombreux entrepreneurs découvrent que l’obtention d’un Kbis déclenche l’envoi automatique de courriers frauduleux, souvent rédigés de manière officielle et pressante.
Dès que la société prend vie, les faux courriers ne tardent pas à arriver. À première vue, tout respire la légitimité : logos, tampons, références administratives, adresses prestigieuses à Paris ou à Lyon. Pourtant, le dirigeant se retrouve face à une demande de paiement pour figurer sur un registre dont la légalité laisse à désirer. Les intitulés changent, « RCS Pro », « RNE France » ou autres sigles évocateurs, mais la méthode reste la même : profiter de la publication du Kbis pour piéger les nouveaux venus. Les sociétés mal intentionnées exploitent l’accès public aux immatriculations pour cibler les créateurs d’entreprise.
Pris dans le tourbillon du lancement, beaucoup de chefs d’entreprise négligent la vérification administrative. C’est précisément sur cette faille que les fraudeurs misent, brouillant la frontière entre organismes officiels comme Infogreffe, Urssaf, Guichet Unique, Chambre des Métiers et de l’Artisanat et des entités fictives. La DGCCRF recense chaque année un nombre impressionnant de signalements, que l’on soit auto-entrepreneur, à la tête d’une micro-entreprise, d’une SARL, SAS, EURL, SASU ou même en Entreprise Individuelle.
Voici les signaux d’alerte auxquels il faut prêter attention pour ne pas tomber dans le piège :
- Adresse postale douteuse : souvent des bureaux virtuels, ou des mentions volontairement floues, voire absentes.
- Montant réclamé : une somme inhabituelle, assortie d’un délai de paiement très court.
- Mentions légales : pas de SIREN, de SIRET, ni de références précises au Greffe du Tribunal de Commerce.
L’essor des plateformes telles que creez-votre-entreprise.fr, WikiCréa ou le Guichet Unique s’est accompagné d’une augmentation parallèle des tentatives de fraude. Les informations légales, disponibles en ligne, deviennent un vivier pour les escrocs. Dès le premier document reçu, rester attentif doit devenir un automatisme.
Réflexes à adopter pour éviter les pièges : conseils pratiques et astuces pour rester serein face aux tentatives d’escroquerie
Créer son entreprise sur creez-votre-entreprise.fr séduit par la rapidité du parcours. Mais chaque étape expose à des sollicitations de plus en plus sophistiquées. Démarchages, courriers à l’apparence irréprochable, offres de services qui n’apportent rien : la vigilance ne doit jamais faiblir.
Avant de régler quoi que ce soit, prenez le temps de vérifier qui se cache derrière le courrier. Les administrations officielles ne réclament pas de paiement par courrier postal sans prise de contact claire au préalable. Les listes de pratiques abusives publiées par la DGCCRF et Bpifrance Création sont des ressources précieuses : elles renseignent sur les méthodes les plus fréquemment employées.
Ces réflexes simples permettent d’éviter la majorité des pièges :
- Contrôlez le numéro SIREN ou SIRET de l’expéditeur sur des sites officiels comme infogreffe.fr ou societe.com.
- Examinez de près la nature du service. Après l’immatriculation par le Greffe du Tribunal de Commerce, aucune inscription au Kbis ou au RNE ne nécessite de frais additionnels.
- En cas d’incertitude, n’hésitez pas à solliciter un expert-comptable ou à vous tourner vers un réseau reconnu tel que WikiCréa ou Bpifrance Création.
Les plateformes comme France Travail ou le portail LegalTech proposent aussi des dispositifs d’accompagnement, souvent sans frais, pour sécuriser les démarches de création d’entreprise. Privilégiez toujours les échanges écrits avec les administrations, archivez chaque mail et gardez une trace de toutes vos démarches. L’expérience se construit avec le temps, mais la prudence s’entretient : une vérification rapide évite bien des déboires.
Dans la course effrénée à la création, le vrai réflexe gagnant reste la vigilance. Un simple coup d’œil attentif sauve parfois des mois d’ennuis. Qui veut avancer loin garde l’œil ouvert, même sur les papiers les plus anodins.


